Braque du Bourbonnais

Race de Chien de Chasse : Le braque Bourbonnais

Extrait de l’article paru dans le Magazine du Chien de Chasse n° 21 septembre octobre 2019

Le braque Bourbonnais : Un continental à redécouvrir

Dans la famille des Braques continentaux, le Braque du Bourbonnais fait partie des plus rares mais également, c’est le plus petit de toute la confrérie. Pourtant, ses qualités cultivées avec bonheur par les puristes, donnent de grandes satisfactions aux chasseurs en quête d’un compagnon facile au quotidien, spécialiste de la plume et qui reste bien dans la main.

Que dire de ce petit braque qui a bien failli disparaitre à l’orée des années 50. Pourtant, il fait partie du paysage des races de chien d’arrêt français depuis des lustres. Au début du 20ème siècle quelques sujets originaires de l’Allier sortent en concours. Je pense notamment au seul trialer de l’époque, Dogue de La Aulx, qui se distingue aussi bien en exposition qu’en field trial. A cette période, les chiens d’arrêt d’origine française sont réunis au sein de la RACAF (Réunion des Amateurs de Chiens d’Arrêt Français). Des clubs spéciaux voient le jour pendant l’entre-deux guerres, dont le Club du Braque du Bourbonnais fondé en 1919. A cette période, les dresseurs ont pour nom Ridet avec Ludovic – Président de l’Association Professionnelle des Dresseurs de Chiens d’Arrêt – Raoul, Marcel et Léon, la famille Herbelin, Husson (De Preuilly) etc… Quelques braques du Bourbonnais passeront entre leurs mains au sein de leurs écuries composées majoritairement de Britanniques (Pointers et Setters).

Il faudra patienter jusqu’en 1925 pour voir la première mouture d’un standard qui précise déjà les caractéristiques particulières de la race.

Un siècle de sélection avec des hauts et des bas, notamment, une quasi disparition du cheptel de la race au début des années 50 où tout est à reconstruire.

Le renouveau du Bourbonnais

Au milieu des années 70, c’est le renouveau avec les premiers sujets inscrits au Registre Initial. Un livre dédié est ouvert en 1974 avec 4 chiens à la généalogie complète sur trois générations qui inaugurent ce livre spécial. Un expert de la race, qui connait très bien son histoire, Mickaël Comte précise l’ancienneté de la race : « Comme tous les braques de France, le Bourbonnais trouve son origine dans le vieux braque continental, même si, par ses caractéristiques, il en est le plus éloigné. La souche est très ancienne puisque déjà signalée en 1580 en Bourbonnais (actuel département de l’Allier) sur un fac-similé d’un bois d’Aldrovandi (médecin et naturaliste Bolonais 1522/1605, auteur d’une véritable encyclopédie sur l’histoire naturelle), comme chien du Bourbonnais moucheté, à queue courte, habile à chasser les cailles ».

En 1981, le Club du Braque du Bourbonnais renait de ses cendres. Les naissances progressent mais restent modestes par rapport à d’autres continentaux comme l’Epagneul Breton, le Griffon Korthals et le Braque français.

Les caractéristiques du Bourbonnais

Sa région d’Origine, bien évidemment, puisqu’il est originaire principalement de l’Allier, véritable berceau de la race. L’Allier est un département qui représente ce qui constituait le Bourbonnais avant la révolution française, avec trois villes majeures, Montluçon, Moulins et Vichy. Les paysages, la richesse de la faune, furent propices à la sélection d’une race locale. Un amoureux de la race, l’auteur Marcel Contier (Livre Le Braque du Bourbonnais publié en 1967) souligne : « Son nom l’indique, le braque du Bourbonnais est un chien de chasse et un chien d’arrêt, mais c’est en même temps un agréable compagnon, affectueux et docile ». Et de poursuivre : « Quant à sa quête, on s’accorde à dire que ce chien possède une quête assez restreinte et peu animée. En général, il bat le terrain de 20 à 40 mètres devant le chasseur, mais on peut être sûr qu’aucun pouce de champ ou de bruyère ne sera inexploité ».

Mais c’est également morphologiquement qu’il se distingue de tous les autres chiens d’arrêt. Tout d’abord, il nait parfois anoure (sans appendice caudale) ou plus souvent avec quelques vertèbres (brachyoure). Autre spécificité, sa robe possède un patron unique, avec un fond blanc, tiqueté de taches « lilas passé », « lie de vin ». Mickaël Comte rappelle à ce sujet : « Le Braque du Bourbonnais était appelé braque courte queue car il naît parfois sans queue (anoure) ou plus souvent avec un moignon ne dépassant pas 15 cm (brachyoure). Cette particularité qui servit longtemps de critère de race, prouve aujourd’hui le retour à la souche originelle ».

Sa tête est petite comparativement à tous les autres braques. Avec de telles caractéristiques, la race a conservé une relative « pureté » que de rares croisements n’ont pas pu effacer de son patrimoine génétique.

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