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Race de chien de chasse : Le pointer

Le Pointer, le chien d’arrêt

Le Pointer est le chien d’arrêt par excellence qui cumule la finesse de nez avec la vitesse, la fougue de la recherche associée à la froideur des arrêts. Le fameux « Sage Hardi » ! Le tout servi par une intelligence au-dessus de la norme et par un esthétisme qui ne laisse personne indifférent. En plus d’être un compagnon de chasse sans pareil, c’est un compagnon de vie d’une grande douceur.

Le Magazine du Chien de Chasse N°33

Le Pointer est issu de la famille des chiens « pointant » qui font leur apparition à partir du Moyen Age. Contrairement aux chiens couchants qui étaient utilisés en Espagne pour la chasse à la caille au filet et qui furent à l’origine du setter anglais, les chiens pointant restaient droit à l’arrêt. Les premières références dans la littérature sur le Pointer Anglais remontent aux années 1700. Il proviendrait d’un mélange de chiens d’arrêt anglais avec des braques espagnols ou portugais importés par des officiers anglais, lors des campagnes espagnoles de Lord Peterborough. Le nom Pointer dérive du verbe anglais to point mais prend aussi ses origines étymologiques dans le verbe espagnol puntare qui signifie pointer. Les premières descriptions de ce chien dans la littérature cynégétique anglaise datent de 1732 et le décrivaient sous le nom de Pointer Espagnol, on disait de lui : « Le Pointer espagnol est estimé incomparable, il arrêtera une perdrix naturellement et sans dressage ; comme il est grand, il quêtera loin et sera assez haut pour être vu au-dessus des chaumes les plus élevés. Quand il arrête vous pouvez être sûr qu’il y a les oiseaux à portée » (the Gentleman Farrier, 1732).

Un redoutable chasseur

C’est l’avènement de la chasse avec tir au vol (à la place du filet) du gibier à plume qui va participer à l’essor de la race et créer le Pointer Anglais actuel. Les Anglais ont totalement modelé et façonné le Pointer pour en faire un redoutable chasseur de Grouse adapté aux terrains difficiles et sans fin des moors.

Au XVIIIème siècle, chaque famille anglaise bien née possédait un chenil avec ses propres Pointers. Elles les sélectionnaient en fonction de leur terrain de chasse et des qualités qui leurs paraissaient indispensables. Ainsi, les Pointers du Yorkshire étaient très réputés, notamment ceux du colonel Thornton. La sélection se fit dans chaque chenil mais aussi par les échanges de chiens entre les divers chenils anglais. En 1772 on pouvait lire dans les revues cynégétiques anglaises : « Le meilleur chien dont on se sert en général pour la chasse à la perdrix est le Pointer, parfaitement adapté à ce sport. Si un Pointer est sûr et a bon nez, il passera rarement dans un champ ordinaire, à quarante yards (40 m) d’une compagnie sans indiquer par son arrêt la direction du gibier. Les chiens légers sont préférables aux chiens lourds d’origine espagnole ; ils battent leur terrain plus vite, croisent mieux, et travaillent deux ou trois fois plus longtemps que les chiens lourds sans être fatigués, ni aggravés » (A treattise of English Shooting, G Edie). Les caractéristiques fondamentales sont là et c’est sur celles-ci que vont se faire la sélection au cours des siècles suivants. Le 2ème tournant dans la sélection du Pointer pour arriver au chien que nous connaissons actuellement a été la création en Angleterre des épreuves de travail appelées Field-Trials. Celles-ci ont exercé une influence sur l’évolution morphologique de la Race mais aussi sur ses caractéristiques de chasse en termes de quête, de finesse de nez, de qualité d’arrêt et d’arrêt à patron spontané.

L’évolution de la Race et son expansion se sont surtout faites, et se font, hors des frontières de l’Angleterre et du Royaume Uni. Actuellement, les pays où il y a le plus de naissance de pointers sont représentés par l’Italie, la France, l’Espagne et la Grèce où les chiffres étaient en 2019 respectivement de 1850, 1100, 1200 et 1550, alors que le nombre de naissances était cette année-là de 499 en Angleterre. 

Un athlète infatigable

Le Pointer est un chien aux proportions harmonieuses dont le corps est inscrit dans un « carré ». Une description très précise de sa morphologie a été faite en 1953 par Giuseppe Solaro et qui fait encore référence actuellement. Dans son introduction, voilà ce qu’il dit du Pointer : « Il est le chien d’arrêt par excellence. Ce chien aux lignes d’éphèbes combattant et de discoboles antiques, est l’athlète agile dont chaque partie révèle le maximum de puissance uni au maximum de facilité de mouvements. Galopeur infatigable, au cœur impétueux, doué d’un mécanisme olfactif propre du chercheur rapide, il est le vrai type du léger mésomorphe, bâti pour résister à une allure très soutenue et très légère, et fourni de muscles longs avec une tonicité prononcée ».

Sa taille se situe entre 55 et 62 cm pour les mâles et 54 à 60 cm pour les femelles, avec un poids qui varie de 20 à 30 Kg. La tête est le « noyau » du Pointer. Elle se caractérise par plusieurs éléments : une proportion parfaite avec une longueur du crane équivalente à celle du chanfrein ; une convergence entre la ligne du crâne et la ligne de chanfrein, ceci lui donne son petit côté hautain et le différencie des braques où ces deux lignes sont parallèles ; un stop prononcé et des yeux bien ronds. Le corps est inscrit dans un carré, c’est-à-dire que la hauteur au garrot est égale à la longueur entre la pointe de l’omoplate et celle de la fesse. La poitrine doit être bien descendue et être bien développée en largeur. La croupe (bassin) est dite horizontale chez le Pointer (inclinaison de 10 degrés maximum par rapport à la ligne de dos). Si la tête est le « noyau » du Pointer, le fouet en est le pedigree. Il était dit au XVIIIème siècle « qu’un fouet bien fait était une garantie de sang pur et d’excellent élevage, plus convaincant que des liasses de pedigree ». Il s’insère au niveau de la ligne de la croupe. Il doit posséder à sa base une ossature solide, il s’effile très graduellement pour se terminer par une pointe fine. Le plus souvent le fouet est horizontal dans le prolongement de la ligne de dos notamment à l’arrêt. Il doit être proscrit tous les ports de fouet au-dessus de la ligne de dos notamment lors de la posture d’arrêt. La peau doit être fine et bien adhérente pour laisser apparaitre les muscles et les veines notamment au niveau des membres. Le pointer est un chien qui est le plus souvent bicolore : blanc et noir ou blanc et orange. Mais d’autres robes sont admises au standard : blanc et foie, blanc et citron, unicolore noir ou fauve, et même tricolore. Un mot sur les unicolores noirs qui font l’objet actuellement d’un engouement particulier. Ils ont toujours fait partie de l’histoire du Pointer puisqu’au début du XVIIIème siècle plusieurs lignées d’unicolore noir étaient très réputées au Royaume Uni. Néanmoins, nous devons actuellement être vigilant à ce phénomène de mode, puisqu’une sélection sur un seul critère, qui plus est la couleur, n’amène jamais de bonne chose au niveau qualitatif au fil des générations.

Un redoutable chasseur

Le Pointer est un compagnon de chasse fabuleux, une fois qu’on y a gouté il est rare que l’on puisse s’en passer. Comme les exhausteurs de goût en cuisine, le Pointer est un exhausteur d’émotion à la chasse associé à une efficacité redoutable. Que l’on aime ou pas cette race, il ne laisse personne insensible…

C’est un chien qui est aussi guerrier et exubérant à la chasse, qu’il est calme à la maison, ou au chenil, où il sait se faire discret. C’est un chien très affectueux, très doux, et très facile à vivre. La complicité tissée avec son maitre au quotidien sera rendue au centuple sur le terrain, où il va tout mettre en œuvre pour lui faire plaisir.

Avec la raréfaction du gibier sauvage, l’étendue des territoires et le réchauffement climatique, il est le chien d’arrêt idéal du XXIème siècle pour qui aime la chasse sportive. C’est un chien endurant, qui va battre son terrain avec énergie en résistant très bien à la chaleur qui est de plus en plus présente pendant les premiers mois de chasse. …..

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RIBOT DE LESPINAUGUET DE SAINT AGUE Michel GAYE

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