Histoire du chien de Chasse

Histoire du chien de chasse

Histoire du chien de chasse avec le Magazine du Chien de Chasse

Le chien de chasse selon Alexandre François Desportes

Histoire du chien de chasse – A l’époque des plus belles œuvres canines du XVII° et XVIII° siècle, surtout sur le thème de l’art cynégétique, les plus illustres peintres ont réalisé une quantité importante de tableaux. On se souvient des grands maîtres qui ont remarquablement illustré les chiens et qui nous laissent aujourd’hui un support des plus précieux sur les races de l’époque.

Les amateurs canins de l’époque appréciaient fort bien le réalisme des attitudes et des postures des chiens représentés. Cette source iconographique cynophile importante compte environ 150 artistes peintres du XVI° au XIX°siècle.

Mais ce qui frappe le plus les esprits entre toutes, ce sont les œuvres d’Alexandre François Desportes (1661 à 1743), sous le règne des rois de France Louis XIV et Louis XV.

Au XVII° siècle, les nobles étaient très attachés à leurs chiens. Louis XIV avait embauché un valet spécialement chargé de s’occuper des 490 personnes servant à l’entretien de ceux-ci.

Les gentilshommes de l’époque étaient aussi de grands amateurs de chasse en tout genre dans les campagnes. Les races de chiens étaient très variées et il fallait un maître capable d’immortaliser ces types de chiens, grâce à la peinture, pour satisfaire la cynégétique du royaume de France.

La chasse était honorée singulièrement et regardée comme une profession noble, elle était recommandée aux princes, qui devaient l’attacher à la dépeindre comme le prélude de la guerre. La chasse accoutumait à se lever tôt le matin, à supporter le froid et la chaleur. Elle exerçait le corps à la course. La rencontre d’une bête féroce aiguisait l’industrie des chasseurs, soit pour l’attaquer, soit pour s’en défendre.

Elle contribuait à la santé et perfectionnait l’ouïe et la vue, elle prévenait les infirmités de la vieillesse et disposait le corps à supporter les fatigues de la vie militaire. Elle apprenait selon le type de chasse à bien se servir du fusil ou de la lance.

Cette chasse à laquelle Desportes était assidu lui donnait une occupation digne d’une grandeur égale à celle du roi et des nobles qui l’accompagnaient. C’était là une occasion d’apporter à la chasse une touche artistique, rendant immortelle la nature des chiens et du gibier grâce aux tableaux puis de faire briller son talent de peintre, si utile à sa vie et au service de ses nombreux admirateurs.

Par le résultat de ses premières œuvres, Alexandre François Desportes a été élu peintre officiel du roi.

Mais pour cela, Desportes était obligé de suivre le roi à la chasse, époque où seuls les hommes avaient le droit de chasser. Il partait pour accompagner le roi à la chasse, muni d’un portefeuille sur lequel il crayonnait des attitudes de chiens lors des scènes les plus spectaculaires, là où parfois il y avait un risque de se faire éventrer ou embrocher par un cerf ou un sanglier. La chasse avait bien là ses inconvénients, aussi pour les chiens car combien se sont fait étriper !

La chasse aux gros gibiers comme celle aux petits gibiers avait heureusement bien des avantages, elle était propre à la santé et à former le corps dans la jeunesse, cet effet que Desportes ne pouvait contester.

La chasse était commune avec tous les exercices qui demandaient de l’action et du mouvement et de la réflexion. Mais que de plaisirs renfermés à la fois aux yeux du peintre dans le seul plaisir de la chasse, avec la vue sur la campagne et les bois qui servaient d’arrière-plan pour ses œuvres !

Il pouvait promener agréablement ses yeux sur l’aspect des différents paysages qu’il parcourait pour lui donner une source d’inspiration. Le bruit des cors et des aboiements excitait le courage du peintre et enfin le plaisir de la table et la satisfaction du goût particulier que trouvait le maître à déguster le gibier, si bien mis en valeur dans les tableaux par ses natures mortes. Voilà ce que la chasse procurait à Desportes.

Quand venait l’heure du repas de chasse, l’abondance des mets fins giboyeux servis par de séduisantes serveuses incitait les chasseurs aux plaisirs des sens de la vie mondaine de l’aristocratie. C’est à ces moments de folie que le roi désignait probablement sa commande de tableaux à partir des ébauches crayonnées par le grand peintre.

Il fallait décorer les demeures royales pour se remémorer les prises et les tableaux de chasse les plus spectaculaires. Il fallait orner les galeries des châteaux de ces somptueux tableaux, comme à Versailles, Compiègne, Meudon, Marly, Choisy et bien d’autres encore.

Louis XV avait même passé commande pour les portraits de ses chiens, comme ceux de Florissant et Pompée, un couple de chiens de chasse courants, Filou son caniche, Blanche sa fine et gracieuse chienne braque, ainsi que ses deux femelles lévriers Mignonne et Sylvie.

Le peintre a su illustrer dans ses œuvres l’esprit partagé avec le corps des chiens et celui du gibier, cet agréable divertissement lorsqu’il considérait les ruses dont se sert la bête afin de conserver sa vie.

Et il avait là l’occasion d’admirer les effets surprenants de l’instinct qui le guidait et qui lui faisait imiter la raison.

Le maître était dans sa jeunesse, formé par Nicasius Bernaerts, élève de Frans Snyders, imprégné de la tradition flamande. Desportes a été reçu à l’Académie Royale de peinture et de sculpture en 1699, en tant que peintre animalier en 1699. Desportes avait déjà inauguré pour le roi Louis XIV des portraits de chiens des meutes royales en pleine action.

Le chien est immortalisé au XVIIIème siècle grâce à ses peintures. Les corps des chiens trapus et musclés, les yeux pétillants, les gueules montrant le côté ravageur des crocs face au gros gibier, le nez trahissant le petit gibier, la puissance des postures, le tout nous transporte et nous fait participer avec les chiens d’une manière envoûtante.

 fonds d’atelier laissés à sa mort étaient importants. Le Comte d’Angiviller, Charles Claude Flahaut de la Billarderie, officier général des armées, obtient en 1784 l’acquisition de l’ensemble des tableaux de Desportes pour la manufacture de Sèvres. Les œuvres du maître ont servi de modèles pendant une bonne centaine d’années.

Elles ont été déposées ensuite dans plusieurs institutions comme le musée du Louvre, le musée international de la chasse à Gien ou le musée de la vénerie à Senlis.

Suite de l’article dans le N°26

Chiens de chasse et tableau de chasse :

Photo 1 (1. Alexandre François Desportes en 1699.) : DR

Alexandre François Desportes en 1699.

Photo 2 (2. Chiens de chasse au cerf. ) : DR

Chiens de chasse au cerf.

Photo 3 (3. Chiens de chasse au loup.) : DR

Chiens de chasse au loup.

Photo 4 (4. Chiens devant chevreuil et marcassin.) : DR

Chiens devant un chevreuil et un marcassin.

Photo 5 (5. Portrait d’un chien de chasse.) : DR

Portrait d’un chien de chasse.

Photo 6 (6. Chiende chasse au sangliers.) : DR

Chiens de chasse au sanglier.

Photo 7(7. les chiens de Louis XV – Pompée et Florissant) : DR

Photo 9 (9. Chien de chasse au loup.) : DR

Chien de chasse au loup.

Photo 10 (10. Chiens d’arrêt sur perdrix rouges) : DR

Chiens d’arrêt sur perdrix rouges

Les chiens de Louis XV : Pompée et Florissant

Photo 11 (11. Chien braque à l’arrêt sur une perdrix rouge.) : DR

Chien braque à l’arrêt sur une perdrix rouge.

Photo 12 (12. Chien à l’arrêt devant une perdrix rouge) : DR

  1. Chien à l’arrêt devant une perdrix rouge

Photos 13 (13. Chien de chasse de Louis XIV.) : DR

Chien de chasse de Louis XIV.

Photo 14 (14. Chiens et tableau de chasse.) : DR

Photo 15 (15. Chien de chasse.) : DR

Chien de chasse.

 Articles Jean-Hugues Decaux.

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