Un dresseur passionné par les fields

Un dresseur passionné par les fields -Trials: Jérome Faissat

Crédit Photo: : L.Tessier & J Faissat

Interview du dresseur de chiens de chasse Jérome Faissat

Installé dans le sud de la France, dans le département de l’Hérault, Jérome Faissat est un dresseur passionné par les fields-Trials, ces concours qui lui permettent de rester toute l’année au contact des chiens et de la chasse. Rencontre.

Depuis combien de temps aimez-vous le chien et d’où vous vient cette passion ?

Je suis issu d’une famille de chasseurs, il y a toujours eu des chiens à la maison. Des chiens de race ou pas, mais toujours des chiens d’arrêt. J’ai toujours été fasciné par ces chiens qui s’immobilisent sur du gibier, en particulier sur les perdreaux. Je chasse depuis l’âge de 16 ans, d’abord sur les territoires de ma région, faits de vignes où l’on trouvait des perdreaux rouges et de garrigues et de bois où l’on rencontrait les bécasses. J’ai ensuite fréquenté le Larzac proche pour, là aussi, y rencontrer les bécasses puis la Bretagne…

Vous possédez des setters anglais, pourquoi avoir choisi cette race ?

Nous avions des setters anglais ou des pointers pour chasser. J’aime beaucoup les pointers mais ma préférence est toujours allée vers les setters. Leur façon de chasser, très souple, leur intelligence mais aussi leur caractère très attachant me fascinent.

Et si vous deviez choisir une autre race (ou plusieurs), laquelle serait-elle ?

Sans hésiter je choisirais les setters gordons. Ce sont de beaux chiens, efficaces à la chasse, très gentils. J’ai possédé un super gordon, Théo. Occasionnellement, je produis une portée de gordons avec les filles de Théo.

Quel est votre plus beau souvenir avec vos chiens ?

Plusieurs souvenirs me viennent en tête, en premier avec Théo, mon setter gordon, un magnifique chien, surdoué à la chasse, avec lequel j’ai pu gagner deux fois le championnat d’Europe et un titre de Vice vainqueur de l’Open de France. Mais un setter m’aura particulièrement marqué dans ma carrière : Harper de Béhigol ! Un véritable monstre de chasse, surdoué lui aussi, qui s’adaptait à tous les gibiers, à tous les biotopes. Harper m’a permis de gagner un titre de vice vainqueur de l’Open de France mais surtout de gagner les championnats du monde et une semaine plus tard de finir vice-champion d’Europe.

Et le plus mauvais ?

Le plus mauvais souvenir est assez récent, c’était pour les championnats d’Europe en octobre dernier en Serbie avec un chien qui s’appelle Ambo. Un chien d’exception lui aussi, qui nous sort un parcours énorme avec un magnifique point sur une compagnie de perdreaux. Les juges étaient unanimes, c’était le vainqueur. Malheureusement, ce jour-là, Ambo n’a pas voulu rapporter…Adieu le titre de champion d’Europe !

Comment se déroule le dressage ?

Le dressage de ces champions se passe en général plutôt bien, ce sont des chiens qui assimilent bien le dressage. Beaucoup de rigueur mais tout en douceur assure un dressage acquis. Je travaille dans un premier temps l’obéissance, avec l’immobilisation à l’ordre à distance. Une fois les ordres de base assimilés, je commence à travailler la sagesse à l’envol du gibier sur mes terrains de dressage autour de chez moi. Je commence à travailler toute cette technique avec des cailles puis je finis cette étape sur perdreaux. Lors de cet apprentissage, je n’utilise jamais le collier de dressage, uniquement la longe.

Il m’arrive, avec des chiens très réceptifs, de travailler tout ceci en Espagne sur du perdreau sauvage. J’ai la chance de travailler sur une des plus belles fermes andalouses, dotée d’une population d’oiseaux impressionnante qui me permet un travail optimal pour le dressage mais aussi pour la préparation des chiens de chasse ou de concours.

Quels sont vos terrains de chasse préférés ?

J’adore les terrains andalous et serbes. Ce sont de magnifiques terrains de chasse à la perdrix. Je m’y rends d’ailleurs chaque année pour préparer les chiens de concours mais aussi des chiens de chasse pratique.

Quelle est votre gibier et votre mode de chasse favori ?

Quand j’ai le temps, je pars chasser quelques jours la bécasse en Bretagne. Ma chasse préférée reste la chasse à la perdrix en plaine ; malheureusement, j’ai rarement le temps de m’y rendre.

Quelle alimentation avez-vous choisi pour votre chien ?

J’ai la chance d’être en contrat avec Proplan. C’est un aliment d’une très grande qualité, de gamme premium, en totale adéquation avec nos chiens qui ont besoin d’une alimentation riche en raison de leurs efforts intenses.

Quelle est la qualité que vous appréciez le plus chez un chien de chasse ?

Chez un chien de chasse, deux qualités sont essentielles à mes yeux, l’intelligence et l’équilibre.

Quel matériel de dressage et de chasse utilisez-vous ?

Je travaille beaucoup les chiens au cordeau. Mais je n’échappe pas à la règle et j’utilise aussi le collier de dressage. Je ne dresse pas au collier mais je m’en sers pour faire appliquer une leçon déjà assimilée.

Quels conseils donneriez-vous à un débutant ?

Pour l’utilisation du collier de dressage, je lui conseillerais de s’en servir calmement et jamais sous l’effet de la colère. Les dégâts faits avec le collier sont ensuite souvent irréversibles.

Quel rêve, lié au chien et à la chasse, aimeriez-vous réaliser ?

Le rêve de tout dresseur avec l’esprit sportif est de gagner un maximum de titres et d’avoir des chiens d’exception. Je fais partie de ceux-là !

Votre avis sur l’organisation de la cynophilie en France ?

Question piège…La France a de magnifiques terrains pour une sélection de chiens optimale. Le système d’organisation est peut-être à moderniser. La cynophilie est liée à une situation économique peu reluisante ; Il faut donc pérenniser les séries de concours sur une même zone afin d’éviter des frais de déplacement qui seront bientôt insurmontables pour une majorité. Il est aussi impératif de modifier le système d’inscriptions : cette année, il était impossible d’inscrire des chiens plus de deux mois avant la date du concours. C’est ahurissant et totalement inacceptable. Si les capacités d’accueil des terrains sont limitées, il va devenir impératif de demander une récompense minimale afin d’éviter ce cas de figure et surtout de permettre aux chiens méritants de pouvoir concourir.

Carte d’identité
Jérome Faissat
46 ans
Issu de la filière agricole.
Titulaire du Brevet de Technicien Agricole.
Actuellement dresseur depuis maintenant une vingtaine d’années.
Installé à Nizas, un petit village de l’Hérault, sous l’affixe du Clos du Frigoulas.

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